Biographie de Marie-Nicolas Bouillet
Né le 5 mai 1798, décédé le 28 décembre 1865.

Marie-Nicolas Bouillet est un professeur de philosophie, un lexicographe et un traducteur français du XIXème siècle. Né le 5 mai 1798 à Paris, il a vu le jour au sein d’une famille d’armuriers émérites originaires de Saint-Etienne, qui étaient réputés comme les précurseurs du mécanisme tournant, un concept dans un premier temps mis en œuvre dans les fusils et les pistolets à vent. Son père est décédé alors que le petit Marie-Nicolas n’était âgé que de deux ans. Ayant, dès lors, grandi auprès de sa mère, celle-ci lui a fait suivre une scolarité dans un établissement privé, le collège Sainte-Barbe.

A 18 ans, le jeune homme a intégré l’Ecole Normale, où il a notamment été instruit par les philosophes Simon Joseph Théodore Jouffroy et Victor Cousin. Il a ensuite commencé à enseigner la philosophie, en tant que suppléant, au collège de Rouen. En 1821, après avoir cessé ses fonctions, il est revenu dans la capitale afin de tenter sa chance au concours d'agrégation, qui avait tout juste été établi. Ayant été reçu, il a endossé le titre de professeur au collège Rollin avant d’exercer à nouveau comme suppléant au lycée Saint-Louis en 1829. L’année suivante a finalement été celle de sa titularisation aux lycées Charlemagne et Henri-IV. C’est au cours de cette période qu’il a par ailleurs réalisé son premier ouvrage, le Dictionnaire classique de l'antiquité sacrée et profane. Constitué de deux volumes reproduisant le Bibliotheca Classica, ou encore Classical Dictionary containing a full Account of all the Proper Names mentioned in Ancient Authors du lexicographe anglais Lemprière, celui-ci a été édité en 1827 et complété, la même année, par un Abrégé du dictionnaire classique de l'antiquité sacrée et profane. Cependant, malgré l’approbation de l’archevêque de Paris, la mise à l’index de cette encyclopédie a été décidée.

Au cours de cette décennie et jusqu’en 1834, Marie-Nicolas Bouillet s’est encore fait connaître en tant qu’éditeur d’œuvres philosophiques. Entre 1827 et 1830, il a d’abord publié cinq volumes de L. Annaei Senecae pars prima, sive Opera philosophica de Sénèque. De 1828 à 1831, il a ensuite travaillé sur M. T. Ciceronis pars tertia, sive Opera philosophica de Cicéron, avant de s’occuper, en 1834, de trois volumes des Œuvres philosophiques de Francis Bacon. Ces dernières, puisées dans les textes originaux, ont non seulement été assorties d’une notice et de sommaires, mais aussi d’éclaircissements.

En 1840, le philosophe a connu une nouvelle évolution de carrière lorsqu’il est passé proviseur du collège Bourbon. Il assumera cette fonction durant huit ans, jusqu’à ce qu’il soit mis en disponibilité lors de la Révolution de 1848. Avant cet événement, il avait notamment pu bénéficier de la reconstitution du Conseil Royal de l’Instruction Publique réalisée par le comte et ministre Narcisse-Achille de Salvandy en 1845. C’est d’autre part pendant cette période, en 1842, qu’il a publié le Dictionnaire universel d'histoire et de géographie. Cette œuvre très populaire, construite en 3 volumes, deviendra célèbre au point que son nom sera même associé aux autres dictionnaires d’histoire et de géographie du milieu des années 1860.

Le début des années 1850 a par la suite représenté un autre pas en avant pour Marie-Nicolas Bouillet. En 1850, il a été affecté au poste de Conseiller Honoraire de l'Université. Un an après, les titres d’Inspecteur de l’Académie de Paris, puis d’Inspecteur Général de l’instruction publique, lui étaient attribués. Quatre ans après, poursuivant la rédaction de dictionnaires, il a édité le Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts. Avec le Dictionnaire universel d'histoire et de géographie et, en 1965, l’Atlas universel d'histoire et de géographie contenant la chronologie, la généalogie et la géographie, les trois ouvrages constitueront ce qui a été désigné comme « le Bouillet ». En outre, en raison de la mise à l’index du Dictionnaire universel d'histoire et de géographie par les représentants du pouvoir spirituel de l’Eglise catholique en 1852, il a été amené à procéder à la révision de ladite oeuvre. C’est ainsi que les rééditions successives parues entre 1854 et 1918, année de la trente-cinquième édition, ont toutes comporté de nombreuses modifications. Postérieurement à sa mort, c’est l’helléniste, lexicographe et normalien Alexis Chassang qui prendra en charge les révisions et les développements appropriés.

Dès la fin des années 1850, Marie-Nicolas Bouillet s’est par ailleurs révélé traducteur. De 1857 à 1861, il a accompli la première adaptation en français des Ennéades de Plotin, que l’Académie des Sciences morales et politiques a gratifiée en 1861 en lui attribuant le prix Bordin. Ce prix, biennal, récompense en effet les auteurs d'ouvrages traitant de sujets relatifs, notamment, à l'intérêt public. Les Ennéades, qui comprennent trois volumes, ont tant été précédées de la vie de Plotin et des principes de la théorie des intelligibles de Porphyre que suivies de sommaires, de notes et d'éclaircissements importants. En 1864, il s’est ensuite distingué comme le premier traducteur de la Lettre à Marcella de Porphyre ainsi que de Porphyre, son rôle dans l'école néo-platonicienne.

Avant sa mort, survenue le 28 décembre 1865 dans la capitale qui l’avait vu naître, Marie-Nicolas Bouillet a encore marqué les mémoires par ses collaborations à l’Encyclopédie moderne, au Dictionnaire de la conversation et au Supplément de la Biographie universelle, de même que par ses articles au bénéfice du Dictionnaire des Sciences Philosophiques. Tout le mérite qu’il acquis grâce à son dynamisme, son intelligence et son talent a également été récompensé par l’attribution de la Légion d’Honneur ainsi que du titre de Chevalier de l’Ordre de Charles III d’Espagne.

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