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SARDAIGNE - Ichnusa, puis Sardinia chez les anciens, en italien Sardegna, grande île d'Italie (région centrale), la deuxième des grandes îles italiennes dans le bassin de la Méditerranée, au S. de la Corse, dont elle est séparée par le détroit de Bonifacio, entre 5° 47' 28"-7° 28' 27" long. E. et 41° 15' 30"-38°51' 54" lat. N. ; faisait jusqu'en 1861 partie des anciens Etats sardes, qui avaient tiré de là le nom de Royaume de Sardaigne ; elle a env. 24 000 kil. carrés et 770 000 hab. et est divisée en deux prov. (Cagliari au S. et Sassari au N.). La Sardaigne est hérissée de hautes montagnes, dont les principales sont le Gennargentu (1 793 m.) au centre, et le Limbara au N. (1 559 m.) ; le Tirso ou riv. d'Oristano et le Flumendosa sont les cours d'eau principaux. Le climat de l'île, sain dans les montagnes, est moins salubre dans les parties basses et humides situées le long des côtes. Le sol est très fertile, particulièrement en céréales, ce qui faisait jadis nommer cette île la nourrice de Rome, mais l'agriculture est arriérée ; belles forêts ; la pêche y est très abondante. On trouve dans l'île beaucoup de mines (zinc, plomb, argent, manganèse, lignite, etc.). L'industrie est faible, le commerce très borné. — La Sardaigne était appelée par les Grecs Sandaliotis ou Ichnusa, d'après sa forme assez semblable à celle d'une sandale ou d'un pied. Elle semble avoir été peuplée partie par les Ibères, partie par les Pélasges, les Etrusques et les Phéniciens ; elle reçut ensuite quelques colonies grecques. Les Carthaginois s'y introduisirent en 512 av. J.-C. et y dominèrent jusqu'au milieu du IIIe siècle av. notre ère ; Rome y mit le pied dès 259 av. J.-C, et finit par l'enlever aux Carthaginois (en 238, après la guerre des Mercenaires). Genséric en devint maître vers 456 de J.-C. Les Grecs, qui la reprirent sur les Vandales, ne purent la défendre contre les Arabes d'Espagne, qui s'y établirent de bonne heure Aidés de Pise et de Gênes, les indigènes se débarrassèrent des infidèles en 1022. L'île fut alors partagée en quatre judicatures indépendantes : Arborée ou Oristano à l'O., Oleastro à l'E., Gallura au N.-E., et Torrès au N.-O. ; mais bientôt la Sardaigne tomba sous le joug des deux républiques de Pise et de Gênes, qui se la partagèrent au XIIe siècle ; les Pisans réussirent à la garder jusqu'en 1323 ; à cette époque Alphonse fils de Jacques II, le Juste, roi d'Aragon, la conquit sur Pise, et depuis ce temps jusqu'à 1714 elle fit partie de la couronne d'Aragon, puis de l'Espagne. Le traité d'Utrecht la donna en 1714 à l'Autriche, et en 1720 le traité de Londres la fit passer au pouvoir du duc de Savoie, Victor-Amédée II, en échange de la Sicile. Le duc prit alors le titre de roi de Sardaigne. Dépouillés de leurs Etats de terre ferme par la France, les rois de Sardaigne Charles-Emmanuel et Victor-Emmanuel se réfugièrent dans cette île et y résidèrent de 1798 à 1814.
Source: Dictionnaire Universel d'histoire et de géographie édité par M.N. Bouillet en 1914